Spurgeon : des prédications avec des applications concrètes et pertinentes (6/8)

Publication en 8 articles d’un travail de recherche que j’ai réalisé pour l’Institut Biblique Belge. Le sujet était « Les caractéristiques des prédications de Spurgeon, et les leçons que nous pouvons en tirer pour aujourd’hui » (voir article 1, 2, 3, 4, 5).

Comme nous l’avons vu ci-dessus, Spurgeon voulait parler au cœur de ses auditeurs[1]. Il ne se contentait pas de donner un cours magistral sur des vérités abstraites, mais il voulait s’adresser aux individus devant lui, et appliquer avec pertinence les vérités bibliques dans leur vie. Le but de sa prédication était la transformation de ses auditeurs, à travers l’œuvre de l’Esprit.

C’est pour ça qu’il reproche à certains prédicateurs de son époque d’être trop généraux, et de faire passer les vérités bibliques bien au-dessus de la vie des croyants :

Il y a des prédicateurs qui, dans leurs sermons, semblent prendre leurs auditeurs un par un par la boutonnière, et enfoncer la vérité dans leur âme, tandis que d’autres généralisent tellement, et sont si froids, qu’on pourrait penser qu’ils parlent à des habitants d’une planète éloignée, dont les affaires ne les concernaient pas beaucoup. Apprenez l’art de plaider avec les hommes.[2]

Même s’il y avait une distance physique certaine entre Spurgeon et ses quelques milliers d’auditeurs, il voulait cependant se tenir auprès de chacun d’eux, pour leur montrer de manière personnelle où et comment l’Evangile s’applique à leurs vies.

Cela n’est pas facile – Spurgeon le reconnaît – mais c’est ce qui fait selon lui la qualité d’un bon prédicateur : « Il est le plus grand maître de l’art oratoire celui qui est capable de s’adresser à n’importe quelle classe de personnes d’une manière adaptée à leur condition, et susceptible de toucher leur cœur.[3] »

Une leçon pour nous au 21e siècle

Nous pouvons apprendre de cette caractéristique de prédication de Spurgeon. Le cœur des auditeurs, voilà le but de la prédication. C’est là que la parole doit percer et que l’Evangile doit pénétrer.

Bien entendu, Spurgeon n’en faisait pas une œuvre purement humaine. Il était conscient qu’ultimement, c’est Dieu qui change les cœurs. C’est Dieu qui, par son Esprit, applique les vérités bibliques aux cœurs des croyants et les amène à une vie plus pure, pour sa gloire.

Cependant, cela n’enlève pas au prédicateur le rôle de travailler sur le texte biblique, pour en discerner les applications spécifiques aux croyants de son temps. L’œuvre de l’Esprit ne donne pas au prédicateur un droit à la paresse ou à la négligence.

Déclarer une vérité ne suffit pas. Il faut aussi mettre en avant ce que cette vérité devrait changer dans nos vies, dans notre manière de penser, de parler, d’agir. Il faut pointer du doigt nos comportements qui mettent à mal cette vérité et qui la nient. Il faut mettre en évidence les situations où l’on vit comme si cette vérité était un mensonge, et où l’on a besoin de se souvenir de cette vérité. Finalement, il faut ancrer la parole dans le quotidien de nos auditeurs. C’est là que les cœurs seront remués, que les comportement pécheurs seront mis à découverts, et que les âmes découragées seront réconfortées.

Passer plusieurs heures à l’exégèse d’un texte biblique est bon et nécessaire. Mais, comme Spurgeon nous y invite, nous serions aussi sages d’y ajouter un temps pour réfléchir aux applications spécifiques de notre texte à l’auditoire que nous aurons en face de nous.

 

[1] Voir article 3 à ce propos.

[2] Spurgeon, op. cit., p.43.

[3] Spurgeon, op. cit., p.45.

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