Quelques mots de Mme Spurgeon sur son mari

Nous entendons souvent parler de Charles Spurgeon, grand prédicateur de l’Évangile du 19e siècle. Mais nous parlons peu de sa femme, Susannah, sans qui son ministère n’aurait pas été le même. Dans la biographie de Spurgeon par Arnold Dallimore, quelques mots nous sont rapportés de la plume de Susannah Spurgeon, qui fait une retrospective de sa vie et celle de son mari. Elle écrit ces lignes quatre années après la mort de son mari, Charles Spurgeon.

« Cela fait longtemps que je voyage maintenant sur le chemin de la vie. Arrivant au sommet de l’une des quelques dernières collines entre la terre et le ciel, je m’arrête un instant sur cette hauteur et, me retournant, je regarde le pays à travers lequel le Seigneur m’a conduite.

Je vois deux pèlerins marchant sur la grande route de la vie ensemble, main dans la main – les cœurs unis. Il est vrai qu’ils ont dû traverser bien des rivières, escalader des montagnes, combattre des ennemis cruels et affronter de nombreux dangers. Mais leur guide veillait, leur libérateur ne s’éloignait pas, et on pouvait dire d’eux en toute vérité : Dans toutes leurs afflictions, il était affligé, et l’ange qui est devant sa face les a sauvés ; il les a lui-même rachetés, dans son amour et sa miséricorde, et constamment soutenus et portés dans le passé.

Et surtout ils allaient leur chemin en chantant. Pour l’un d’entre eux, au moins, il n’y avait pas de joie plus grande que de dire aux autres la grâce et la gloire du Roi béni, vers le pays de qui il se hâtait. Et comme il parlait ainsi, la puissance du Seigneur se révéla, et les anges se réjouirent à cause des pécheurs qui se repentaient.

Mais, finalement, ils parvinrent à un détour de la route où leurs chemins se séparaient. Et là, au milieu des terreurs d’une tempête comme ils n’en avaient encore jamais rencontré, ils se séparèrent – l’un enlevé dans la gloire invisible, et l’autre, rouée de coups et meurtrie par cette horrible tempête, désormais peinant sur la route – seule !

Mais la bonté et la miséricorde qui, pendant tant d’années, avaient accompagné les deux voyageurs ne quittèrent pas celle qui était restée seule. Au contraire, la tendresse du Seigneur la conduisit doucement et choisit de verts pâturages pour ses pieds fatigués, et des eaux tranquilles pour la consolation et le rafraîchissement de son enfant tremblante.

Et même, il mit entre ses mains une tâche solennelle : aider ses compagnons pèlerins, le long de cette route, remplissant ainsi sa vie d’intérêt et soignant sa tristesse profond en lui donnant le pouvoir de soulager et de réconforter d’autres. »

Charles Spurgeon, une biographie – Arnold Dallimore – Europresse – p.143-144

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