L’Évangile, ce n’est pas juste Jean 3.16

Derrière ce titre, quelque peu provocateur, se cache une réflexion plus profonde. Non, l’Évangile ce n’est pas Jean 3.16. Ou du moins, pas seulement.

Citer Jean 3.16 ne suffit pas

On pense souvent que citer Jean 3.16, un verset connu par cœur par beaucoup, suffit à annoncer l’Évangile. Oui, ce passage est magnifique. Oui, il est bon de le lire et de le relire. Oui, ce passage parle de l’amour de Dieu, de cet amour dont nous avons été comblés en Jésus-Christ. Oui, ce passage parle du don de Dieu, de ce don de son Fils unique, qui nous a rendu la vie. Oui, ce passage parle de l’espérance que nous avons, et de la vie éternelle qui nous attend auprès de Dieu. Pour toutes ces raisons, il est légitime de citer ce passage lors de réunion d’évangélisation ou de discussions avec nos amis non-chrétien ! Cependant, si nous nous arrêtons là, ce n’est pas suffisant.

En fait, Jean 3.16 ne paraîtra pas si extraordinaire que ça à une personne qui ne ressent pas le besoin d’être sauvée. Si on dit que « Dieu a tant aimé le monde » en donnant son Fils sur la croix à quelqu’un qui n’a aucune conscience de son état de pécheur et de son besoin de pardon, ces paroles lui paraîtront insipides et sans valeur. Ainsi, pour que Jean 3.16 prenne toute sa valeur, nous devons avant tout parler du péché.

Parler du péché ? Vraiment ?

Doit-on vraiment parler de péché lorsqu’on annonce l’Évangile ? Ne suffit-il pas de parler de l’amour de Jésus, et de la croix ? Il faut reconnaître que parler de la notion de péché, ce n’est pas évident. Dire à quelqu’un qu’il est pécheur, encore moins ! Et pourtant, la Bible dit clairement que « tous ont péchés et sont privés de la gloire de Dieu » (Romains 3.23). Oui, nous sommes tous pécheurs, et nous méritons tous la juste colère de Dieu à cause de nos fautes. Et ça, c’est une partie indispensable de l’annonce de l’Évangile – c’est la raison d’être de la bonne nouvelle !

Sans la notion de péché, la mort de Christ n’a plus aucun sens. Il ne suffit pas d’expliquer aux gens que Christ est mort à la croix ; il faut aussi leur expliquer pourquoi il devait mourir. Il faut leur expliquer à quel point l’homme est pécheur – et combien il a besoin d’être sauvé. Sinon, le fait de savoir que Jésus soit mort sur la croix ne leur paraîtra pas si extraordinaire que ça.

Nous devons leur dire que si Jésus est mort, c’est parce que quelqu’un devait payer. Nous devons leur dire que le péché est grave aux yeux de Dieu. Nous devons leur dire que Dieu est Saint, qu’il ne peut pas tolérer le péché, et qu’il a même le mal en horreur. Nous devons leur dire quelles sont les conséquences d’une vie loin de Dieu, dans le péché. Si nous ne leur disons pas tout ça, nous vidons la croix de sa force !

Nous pouvons et nous devons leur dire que « cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés. » (1 Jean 4.10). Oui, c’est pour le péché que Christ est monté sur la croix.

Nous devons leur dire ce qu’est le salaire du péché : la mort, avant de leur montrer que le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ (cf Romains 6.23). Si on enlève une des deux parties de ce verset de Romains 6.23, il est incomplet ! Les deux vont ensemble.

Les étoiles brillent seulement dans la nuit

Un prédicateur faisait remarquer la chose suivante : On ne voit pas les étoiles dans le ciel la journée. Pourtant elles sont quand même là. Ce n’est que dans la nuit noire, sombre, que nous voyons briller les étoiles de toute leurs forces, et que nous pouvons admirer leur beauté. C’est pareil pour la croix de Christ. Ce n’est que sur le fond noir et sombre de notre péché que la croix prend tout son sens, et que l’Évangile peut briller dans toute sa splendeur.

Ainsi, la notion d’un homme pécheur, coupable et condamné, au lieu d’être un frein à l’annonce de l’Évangile, est ce qui fera briller de toute sa force la croix de Christ, et montrera la raison de sa venue sur terre.

« D’abord la mauvaise nouvelle : Dieu est votre juge ; vous avez péché contre lui. Puis la bonne : mais Jésus est mort afin que les pécheurs reçoivent le pardon de leurs péchés, s’ils acceptent de se repentir et de croire en lui. »
Greg Gilbert, Qu’est-ce que l’Évangile, p.28

Sans mauvaise nouvelle, il ne peut pas y avoir de bonne nouvelle. Sans la doctrine du péché, il n’y a pas d’Évangile.

N’inversons pas les choses, et n’essayons pas de tronquer le message ! Non, il ne suffit pas de parler de l’amour de Dieu et de la mort de Christ à la croix. Avant tout, il faut expliquer les raisons qui ont amené Dieu à venir s’incarner dans un être humain, pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus.

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